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Le rural comme une promesse

    On disait que parler rural, c’était ringard…Voilà longtemps que ce temps est terminé. Maintenant, l’espace rural gagne en habitants, et en dynamisme. En Eglise aussi. Il a des chances d’être éclaireur pour l’avenir de l’Eglise diocésaine. On va encore me traiter de rêveur : il faut que je m’explique.


    Ce n’est pas un secret : les compteurs sont dans le rouge. Pratique du dimanche, nombre de militants, des enfants catéchisés, des mariages. Devant ce qui est vécu comme un reflux, le réflexe normal, c’est de se désespérer. Et de se replier sur ce qui reste du temps jadis. Oui mais…Si le programme de l’Eglise, c’est de reproduire l’organisation et le fonctionnement des institutions héritées du passé, alors oui, désespérons.
Mais si notre mission est de nous mettre à l’affût des signes que Dieu nous fait, de sa présence discrète chez ceux qu’on n’attend pas, de souffler l’Espérance dans une société désabusée, d’avoir pour toute personne le regard et la tendresse de Jésus, alors, on a de l’avenir…
   
    Nous sommes en un temps de nouvelle donne. L’Eglise oscille entre deux tendances : il n’y a plus assez de prêtres, donc, occupons-nous des chrétiens sélectionnés, « labellisés ». Posons des exigences pour avoir droit aux sacrements.
Ou bien, on estime que toute personne a droit à une ouverture spirituelle, à accéder au Salut dont l’Eglise est signe. C’est elle qui, dans ce cas, doit s’offrir, dans le langage des gens. S’adapter.
    Pour ma part, c’est dans cette seconde option que je me reconnais. Si l’on se met à sélectionner, seuls les centres-villes seront favorisés. Les habitants du rural, des périphéries, seront abandonnés. Nous nous trouvons donc devant un vrai défi : faire vivre une pastorale ouverte à tous. Et nous ne partons pas sans billes.

    Car en rural, on ne manque pas de personnes qui savent créer du lien, fédérer, rassembler. Faire réseau. C’est ainsi que, de plus en plus, notre société fonctionne. Avec un risque : et ceux qui sont sans relations, hors-réseaux ? Pour eux, il est vital de regarder plus loin que les réseaux : le territoire, avec tous ses habitants.

    Je raisonne de plus en plus en termes de chances. Et d’opportunités, que nous n’osions espérer. Les équipes en rural, les nouveaux permanents sont capables de communiquer cette espérance d’une Eglise qui répond aux aspirations les plus profondes de nos contemporains. C’est possible : labourer nos territoires pour que l’Evangile soit donné à tous. Le Vivier est l’une de ces opportunités. Il se développe hors de ses bases historiques : Pévèle, Avesnois. Il y a des gens qui n’attendent que ça.
   
Quels chemins suivre ?

    D’abord, vivre et relire un projet qui soit porté par les équipes animatrices du rural, dans tout le diocèse.
Former un réseau créatif, qui oriente la pastorale en rural, en osant ouvrir aux populations nouvelles : jeunes générations, « rurbains », jeunes couples. Les milieux les plus précarisés aussi doivent prioritairement retenir notre attention. Il y a là un appel à l’Eglise : la dignité des personnes est l’enjeu.
Investir les « temps forts », baptêmes, mariages, funérailles : les gens recherchent des lieux qui produisent du sens.

    Le monde rural a la souplesse, la pratique naturelle de la relation, l’imagination nécessaires pour réussir ces défis. Pour redonner le goût de croire à bien des personnes découragées. L’expérience aussi, des mouvements, du Vivier. Et notre Eglise a le trésor qu’il faut : l’Evangile, et la pratique de Jésus…

J.-Marc  BOCQUET

Article publié par • Publié Lundi 31 mars 2008 • 2876 visites

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