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Témoignage de Christophe au Congrès CMR

Le Vivier a été représenté au Congrès CMR à Pontarlier en mai dernier. Christophe et sa petite famille nous donnent leurs impressions.

Bonjour à tous,

 

De retour de ce  congrès du CMR à Pontarlier me vient l’envie forte de vous partager par écrit mes ressentis sur cet événement.  

Je tiens  tout d’abord à  remercier le CMR d’avoir invité le Vivier à ce congrès et au CA du Vivier de m’avoir sollicité  pour y participer. L’opportunité de participer aux 40 ans de notre ami dans cette région ajoutée à la possibilité au congrès d’accueillir toute la famille  ont été des  éléments déterminants pour nous convaincre d’y aller.

Je reviens ressourcé de cet événement qui était très riche et très dense. Alice qui venait au départ comme « accompagnatrice » est revenue elle aussi très enthousiaste.  

 

Je commence  donc par vous livrer mes impressions sur la forme : QUELLE ORGANISATION. Franchement je tire mon chapeau aux organisateurs.

Les enfants étaient bien encadrés et à leur façon ils ont participé à ce congrès avec des moments pour eux s’amuser, faire des connaissances,découvrir la région mais aussi participer à la célébration de samedi. Il fallait voir Loïc et  Maëlle agiter leur foulard et danser aux sons de ces belles chansons de la célébration. Et Aëla, impassible, abattue par son « coup de froid » qui faisait la sieste parmi ce millier de personnes. 

Pontarlier est une très jolie ville où tout est concentré donc facilement abordable en voiture, à pied ou en bus. Nous avons dormi chez Mme Idiard à Frasnes. Quel accueil.  Et que de beaux paysages. Ca donne envie d’y retourner.

        

Pour le contenu je vais suivre la chronologie du congrès pour vous livrer mes réflexions. Nous n’étions pas encore arrivés à l’accueil du jeudi matin alors je commence par la conférence de l’après-midi.

Patrick VIVERET (une valeur sûre) nous invite à être LUCIDE face à toutes ces démesures (économiques, sociales et écologiques) qui traversent notre monde. Lucide et non pas fataliste. Ecouter, comprendre, chercher mais aussi résister à ces démesures mais surtout avoir une vision transformatrice. Je pense ici à toutes ces gouttes d’eau qui remplissent ces rivières d’initiatives d’ALTER  (qui font autrement que le modèle dominant de nos sociétés).  Je fais spontanément le lien avec notre  club CIGALES dans la famille de la finance solidaire, qui soutient l’emploi et le développement durable. Je pense à l’AMAP dans la famille CONSOMMER  local, bio, de saison et soutenir l’emploi. Je pense aux parents d’élèves de l’école de nos enfants qui s’organisent collectivement pour avoir un droit de parole dans le cadre du nouveau projet d’école imposé par la municipalité. Il y a bien d’autres gouttes. C’est je crois L’ESPERANCE qu’il nous invite à avoir en nous laissant  aussi accueillir l’improbable. (C’était en effet fortement improbable que Barack OBAMA soit élu président des Etats-Unis).   C’est l’EXIGENCE enfin qu’il nous invite à avoir pour interpeller les décideurs économiques et pour rétablir le politique (dans le sens fédérer les énergies) en vue de construire une gouvernance du local au mondial.

Quant à l’apport du collectif VILLE-CAMPAGNE je vous avoue que nous nous sommes pleinement retrouvés dans les phénomènes sociaux qui traversent le milieu rural aujourd’hui. Nous faisons en effet partie de ces « nouveaux ruraux » qui proviennent de la ville et qui renouvellent certains villages. J’ai été plus largement marqué dans ce congrès par cette diversité de population qui vit en milieu rural. J’avoue que cette diversité  me plait.  Pour autant nous avons tous en commun de nous préoccuper du développement de nos  territoires…..

….et de son évangélisation.

Il faut réapprendre à se réunir à 2, 3,4 au nom du CHRIST. C’est ce  qui m’a marqué dans l’apport de Marie-Christine BERNARD, théologienne. J’ai immédiatement pensé à ce que nous essayons de faire avec le Vivier. Cela me conforte dans cette idée que l’Eglise de demain est à inventer certainement en dehors des « bâtiments » de l’Eglise.

 

Voilà une bonne transition pour passer au lendemain dans l’atelier sur les nouveaux lieux d’Eglise où je témoignais pour le Vivier.

Pour être franc je craignais des résistances. «  Mais pourquoi ne pas faire ça avec le CMR ? », « vous faites une église parallèle ». Rien de tout ça, au contraire, je crois que les dynamiques du Vivier ont alimenté le désir de certains de faire des propositions autrement (toujours le même mot qui revient). Pour inviter la diversité dans les générations, dans les réseaux en toute simplicité et convivialité en leur faisant des propositions en phase avec leur préoccupation du moment. Une phrase d’un membre de l’Atelier m’a marqué. «  Je crois que nous ne sommes pas à l’aise avec la mort. Nous voulons à tout prix assurer la survie de certaines propositions. Alors que de laisser mourir peut donner vie à d’autres propositions et (ou) mobiliser d’autres personnes ». J’adhère à cela même si je suis conscient qu’il n’est pas facile de faire le deuil ce qui peut nous animer pendant parfois des années.

J’en viens maintenant au forum de l’après-midi  sur l’individuel et le collectif. Ce qui m’a le plus marqué est cette idée que le CMR, (le vivier certainement aussi), dans ses  propositions doit  se préoccuper avant tout à favoriser un MIEUX ETRE des personnes qu’il rejoint ou veut rejoindre. La logique d’action même si elle est importante est réductrice, ce qui compte avant tout d’après Bernard Stephan c’est un désir d’exister, UNE FACON D’ETRE. Permettre à des personnes de trouver une identité cela passe avant tout par l’apport d’un témoignage de vie (de ce qui nous rend heureux, de ce à quoi on tient, de ce qui nous anime), de quitter la logique de surplomb (on a la solution !) et de faire avec , de se laisser déplacer par l’autre. De passer d’une logique d’encadrement pour passer  à une logique d’engendrement (tiens tiens j’ai déjà entendu ça quelque part).  C’est un savant dosage entre AGIR / ETRE pour trouver du sens à sa vie. Quel programme !!!!

J’avoue que je retrouve dans tout ça les préoccupations des membres de notre équipe CMR en recherche permanent d’équilibre et de cohérence (et de SENS) dans notre vie de couple, de famille, nos engagements professionnels et personnels et notre vie d’homme ou de femme.

         Enfin pour terminer l’atelier sur une initiative d’une FD CMR de proposer une réflexion sur la crise et les mutations m’a fait penser à nos préoccupations du Vivier de proposer des initiatives mais pas tout seul,  de laisser ouvrir notre réflexion par l’apport  « d’extérieurs » et d’être à l’écoute des préoccupations du moment et d’inviter en réseau

         Je n’arrive pas à tout vous dire mais je crois que l’essentiel est là. J’entrais dans ce congrès en disant que j’avais fait un pas dans le CMR. J’ai l’impression d’en avoir fait d’autres à la sortie. Pour le Vivier j’ai découvert un peu plus l’historique et je vous avoue que je suis fier de faire partie de « ce nouveau lieu d’église »

 

Petit rajout d’Alice : ce congrès m’a « réconciliée » avec les mouvements dans le sens où les partages étaient à la portée de tous et soucieux d’être dans le concret de la vie. L’accueil et la capacité d’ouverture et d’adaptation aux évolutions des « ruraux » et donc des nouveaux membres du CMR m’ont fortement marquée. Merci à ceux qui ont pensé à proposer à Christophe d’y participer, cela nous a permis de vivre en plus 3 jours forts en famille. Merci !

 

Article publié par Le Vivier • Publié Lundi 27 sep 2010 - 11h17 • 1890 visites

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